 Le ministre de l'Economie et des Finances, M.Salaheddine Mezouar, a présenté mardi à Casablanca les grands axes de la stratégie de développement socio-économique pour la période 2008-2012, destinée à faire face aux aléas irrationnels marquant l'actuelle conjoncture économique mondiale.
Malgré la morosité de l'économie mondiale fort compliquée par une flambée "folle" des prix des matières premières et des énergies, en premier chef le pétrole, le Maroc continue à faire "de grands pas en avant et de gagner plus sur tous les tableaux", et ce, grâce à l'édification d'un modèle de développement propre à lui, puisant son efficacité et sa synergie dans la vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI. Animant une conférence sur "le contexte économique actuel et les perspectives pour la période 2008-2012", initiée par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), M. Mezouar a expliqué que l'un des volets de cette stratégie intégrant tous les scénarios prévisibles et imprévisibles est consacré aux processus d'accompagnement des PME. Cela signifie, a-t-il poursuivi, que cette stratégie n'a pas été conçue en rupture avec les réalisations phares enregistrées dans les années précédentes, loin de là, elle est venue pour parachever les grands ouvrages en cours de finalisation, à la tête desquels figure l'aboutissement des lourdes réformes touchant directement tous les paliers de la société marocaine. La transformation du Maroc en leader économique régional est en fait une affaire de toute la nation, en premier lieu les entreprises qui sont les premières ayant directement bénéficié de la baisse de deux points de la TVA et des droits de douane sur des produits importés, a-t-il précisé. Ces acquis ont été étoffés par une volonté claire du gouvernement d'impliquer le patronat dans tous les projets économiques en phase de finalisation, a-t-il ajouté, estimant que cette démocratie propre au Maroc veut que les entreprises s'engagent sans équivoque à assumer pleinement la part qui leur revient. Pour le ministre, si l'Etat a placé l'entreprise au coeur même de tous les plans de développement, c'est que les entrepreneurs sont appelés vivement, par obligation éthique et citoyenne, à injecter les subventions et les baisses des charges dans la recapitalisation et le grandissement de la taille de leurs entreprises. Le ministre a, toutefois, tenu à rappeler que les ressources subsidiaires accordées aux entreprises ne devront pas durer éternellement, car l'Etat a de sérieuses contraintes à relever d'urgence, à commencer par l'éducation, la santé et la précarité sociale. Pour arriver à tirer en haut toutes les couches de la société marocaine et partager équitablement les fruits d'un développement participatif et intégratif dont l'INDH constitue le fer de lance, l'Etat a besoin d'opérateurs économiques à la fois crédibles et citoyens afin d'aller jusqu'au bout de la logique de ces réformes lourdes aussi bien au plan budgétaire qu'au niveau des investissements, a souligné M. Mezouar. Selon lui, la stratégie 2008-2012 se caractérise par toute une série de mesures "courageuses" résidant plus particulièrement dans la rationalisation des dépenses de l'Etat, la poursuite de la réforme du système éducatif, la généralisation de la scolarité, l'augmentation du taux de couverture médicale au profit de la majorité de la population. Voilà donc les défis majeurs qui constituent à court terme le centre de gravité de l'action gouvernementale, a-t-il résumé avant de lancer que pour aplanir toutes ces contraintes lourdes et coûteuses en termes financiers, le Maroc a besoin d'un secteur privé innovateur et anticipatif de bonnes affaires, un secteur créateur de richesses supplémentaires, pour réduire le taux de chômage et laminer au maximum le taux de précarité situé actuellement à 21 pc de la population globale. Mettant en perspective le panorama économique marocain en 2008, le ministre a assuré les acteurs économiques que le taux d'inflation reste maîtrisé dans une fourchette de 2 pc et le déficit budgétaire sera ramené à 3 pc du PIB et une croissance économique globale arrêtée à 6,8 pc en 2008. Le ministre a conclu son exposé par la présentation de quelques éléments clés de l'élaboration du budget 2009 sous formes d'hypothèses prévoyant un prix de baril de pétrole fluctuant entre 100 et 110 dollars. De son côté, le président de la CGEM, Moulay Hafid El Alamy, a réaffirmé la volonté de la confédération d'assumer sa responsabilité entière dans la mobilisation sans relâche des opérateurs économiques à investir davantage dans les secteurs moteurs du développement socio-économique. Selon M. El Alamy, la CGEM n'est pas un regroupement d'hommes de revendications, non plus un cercle de lobbying, mais une force de propositions constructives. Le principal rôle de la Confédération est "de tirer l'économie nationale vers le haut et d'innover davantage afin de pousser le curseur plus loin pour traduire en concret la fierté de tous les membres de la CGEM du modèle marocain du développement", a-t-il conclu. Agences
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